
Avant de vous inscrire dans une salle de sport, quelques vérifications concrètes suffisent souvent à repérer si l’ambiance vous conviendra: les horaires de forte affluence, l’existence d’un espace dédié, la visibilité du personnel sur les plateaux. Un sondage réalisé par Flashs pour L’Orange Bleue en août 2025 indique que 58 % des femmes abonnées ou l’ayant été rapportent au moins une situation de comportement inapproprié en salle de sport, et l’enquête du Progrès sur les femmes dans les salles de sport confirme que ce sentiment d’inconfort touche une majorité de pratiquantes. D’où l’intérêt de savoir, avant de signer un abonnement, à quoi regarder concrètement — et ce que prévoit la loi si un comportement dérape.
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L’essentiel
- 58 % des femmes abonnées ou l’ayant été rapportent au moins un comportement inapproprié en salle de sport (sondage Flashs pour L’Orange Bleue, août 2025).
- L’outrage sexiste ne nécessite pas de répétition: un fait isolé suffit à le caractériser (code pénal, art. 621-1 et 222-33-1-1).
- Amende de 1 500 € pour un fait simple, jusqu’à 3 750 € en cas de circonstance aggravante, depuis la réforme du 1er avril 2023 — le 3919 écoute, le 17 intervient en urgence.
- Un espace dédié aux femmes existe dans certains clubs Fitness Park; aucune généralisation à toutes les enseignes n’est vérifiée.
Ce que révèlent les chiffres sur le ressenti des femmes en salle
Le sondage Flashs, réalisé pour L’Orange Bleue entre le 18 et le 22 août 2025 auprès d’un panel représentatif de 2 000 femmes françaises de 18 ans et plus, dont 1 262 ayant déjà pratiqué ou pratiquant en salle de sport, donne une photographie précise du ressenti des pratiquantes. Précision utile pour lire ces chiffres: l’étude a été commandée par une enseigne de salles de sport, L’Orange Bleue.
Selon ce sondage, 40 % des répondantes rapportent des remarques infantilisantes: « Tu es forte pour une fille » pour 12 % d’entre elles, des surnoms condescendants pour 9 %, des corrections non sollicitées pour 19 %. Près de deux femmes sur trois rapportent des comportements intrusifs: regards insistants (33 %), conseils déguisés en drague (12 %), sentiment d’être suivie (10 %). Selon Le Progrès, qui cite le même sondage, 16 % des répondantes rapportent des atteintes à l’intégrité physique ou à la vie privée — photos ou vidéos non consenties, contacts non sollicités, insécurité ressentie dans les vestiaires ou les douches.
Ces vécus se traduisent en stratégies d’évitement bien réelles: 48 % des femmes déclarent éviter les heures d’affluence, 33 % portent des vêtements amples, 32 % mettent des écouteurs et 10 % choisissent une salle ou un créneau moins fréquenté par les hommes. Le regard des autres reste aussi un frein à l’inscription elle-même pour 60 % des femmes interrogées (27 % citent spécifiquement le regard masculin, 25 % un regard mixte), et 15 % citent cet inconfort comme frein direct à l’inscription — une proportion qui grimpe à 26 % chez les 18-24 ans. 30 % jugent l’ambiance d’une salle « intimidante ou hostile » (37 % chez les 18-24 ans), quand 42 % la jugent au contraire « très » ou « plutôt » accueillante. 46 % des femmes se disent favorables à des espaces exclusivement féminins, et 25 % se sont déjà senties obligées d’être maquillées ou apprêtées avant une séance.
La pratique féminine progresse
Ce sujet ne concerne pas une minorité en marge du sport. D’après le Baromètre national des pratiques sportives 2024 de l’INJEP et de la Direction des Sports, 58 % des personnes de 15 ans et plus pratiquent une activité sportive régulière mi-2024 en France, et la pratique féminine régulière s’est stabilisée à 56 % à la même date, en hausse de 7 points entre 2018 et 2022 — un niveau plus élevé qu’avant la crise sanitaire. L’écart entre hommes et femmes parmi les pratiquants réguliers se resserre nettement, passant de 8 points en 2023 à 4 points mi-2024, et la pratique en installations sportives, dont les salles de fitness, a retrouvé son niveau d’avant-crise.
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Au-delà des chiffres, quelques vérifications très concrètes permettent de se faire une idée avant de signer un abonnement — et d’éviter les mauvaises surprises une fois inscrite.
Ce qui se vérifie avant l’inscription
Renseignez-vous sur les horaires de forte et de faible affluence: c’est justement ce que 48 % des femmes interrogées par Flashs disent déjà faire pour choisir leur créneau. Demandez aussi si la salle propose un espace ou un créneau dédié aux femmes: certains clubs Fitness Park proposent par exemple un « Espace Femme », avec du cardio, de la poulie et des équipements de musculation ciblés dans un cadre présenté par l’enseigne comme plus intime — sans que l’on sache si ce dispositif existe dans tous les clubs de l’enseigne ou seulement dans une partie d’entre eux. Il vaut donc mieux vérifier club par club plutôt que de le supposer.
Ce qui se vérifie sur place
Une visite ou une séance d’essai permet d’observer des éléments que le site d’une enseigne ne dit jamais: la présence effective et visible du personnel sur les plateaux, ce qui facilite un signalement immédiat en cas de besoin, et l’état des vestiaires et des douches — un point sur lequel 16 % des répondantes du sondage cité par Le Progrès rapportent une forme d’insécurité. Ces vérifications simples ne remplacent pas la loi, mais elles évitent souvent d’avoir à s’y référer.
D’autres sujets de santé au quotidien méritent la même attention aux détails concrets: c’est le cas, par exemple, de votre santé au quotidien face à certains traitements, où le même réflexe de vérification s’applique.
Que dit la loi en cas de comportement déplacé
Le droit français dispose d’un outil précis pour qualifier un comportement déplacé en public ou dans un lieu privé: l’outrage sexiste et sexuel, prévu par les articles 621-1 et 222-33-1-1 du code pénal. Il consiste à imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui, soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
Ce texte s’applique aussi bien à l’espace public — la rue, les transports en commun, un établissement scolaire — qu’aux lieux privés, l’espace de travail étant cité en exemple par les juristes qui commentent la réforme. Aucune des sources consultées ne nomme explicitement les salles de sport comme exemple de ce périmètre: les y inclure, en tant que « lieu privé » ou espace accessible au public, relève d’une extrapolation raisonnable, pas d’une citation littérale de la loi appliquée à ce cas précis. Il faut le formuler avec cette prudence plutôt que comme une certitude.
Ce qui distingue outrage sexiste et harcèlement sexuel
Contrairement au harcèlement sexuel, l’outrage sexiste n’implique pas de répétition: un fait unique suffit à le caractériser. C’est la différence essentielle entre les deux notions, et elle change concrètement ce qu’une victime peut faire dès le premier fait constaté, sans attendre qu’il se reproduise.
Avant le 1er avril 2023, l’outrage sexiste relevait d’une simple contravention, de 4e puis de 5e classe selon la gravité. Depuis cette date, l’outrage sexiste simple est une contravention de 5e classe, punie d’une amende de 1 500 €, tandis que l’outrage sexiste aggravé devient un délit puni d’une amende de 3 750 €, avec une amende forfaitaire possible de 300 €. Les circonstances aggravantes retenues sont précises: le fait d’avoir été commis dans un lieu destiné au transport collectif ou dans un véhicule de transport, en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre réelle ou supposée de la victime, ou en état de récidive après une précédente condamnation pour la même contravention.
Les recours et leurs limites
En cas de danger immédiat, ou pour un fait qui vient de se produire sur place, le réflexe reste le 17, police-secours. Le 3919, « Violences Femmes Info », est un numéro national gratuit et anonyme, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, géré depuis plus de 30 ans par la Fédération nationale solidarité femmes — mais ce n’est pas un numéro d’urgence: en cas de danger immédiat, c’est bien le 17 (ou le 18) qu’il faut composer, pas le 3919. Un dépôt de plainte ou une main courante restent possibles en commissariat ou en gendarmerie; pour un fait constaté en salle, le témoignage du personnel ou d’autres adhérents peut appuyer la démarche. Aucune source consultée ne détaille en revanche une procédure spécifique aux salles de sport, comme une obligation de main courante interne à l’enseigne: ce point n’est pas documenté et ne doit pas être présenté comme s’il l’était.
Rester attentive aux signaux de son corps reste, plus largement, un bon réflexe de prévention: c’est aussi ce que rappelle notre article sur les troubles auditifs et le risque de démence, où l’écoute de petits signaux évite souvent de plus gros problèmes.
Ce que proposent (et ne proposent pas) les enseignes aujourd’hui
Sur le terrain, les dispositifs vérifiables restent limités et inégaux. Fitness Park propose un « Espace Femme » dans une partie de ses clubs, décrit par l’enseigne comme un cadre plus intime avec des équipements de cardio, de poulie et de musculation ciblés — sans qu’une source officielle précise si ce dispositif existe dans tous les clubs du réseau ou seulement dans certains d’entre eux. Autrement dit: certains clubs Fitness Park proposent cet espace, pas nécessairement tous.
Concernant L’Orange Bleue, la seule information vérifiée dans le cadre de cet article est qu’elle a commandé le sondage Flashs cité plus haut. Aucune source consultée ne documente de dispositif concret propre à cette enseigne — charte, créneau dédié, application de signalement — et il serait donc inexact de lui en attribuer un. Cette même prudence s’applique plus largement au secteur: un dispositif observé dans une enseigne ou dans un club ne se généralise ni à toute la chaîne, ni au secteur dans son ensemble.
Le même principe de vigilance sur les stratégies d’évitement s’applique à d’autres sujets pratiques du quotidien, comme les effets de la canicule sur votre santé et comment s’en protéger, où de petits ajustements font aussi une vraie différence.
Checklist avant de s’inscrire
| Point à vérifier | Pourquoi | Où regarder |
|---|---|---|
| Horaires de forte et de faible affluence | 48 % des femmes évitent déjà les heures d’affluence (Flashs, 2025) | Appli ou planning de la salle, à demander à l’accueil |
| Existence d’un espace ou créneau dédié | 46 % des femmes se disent favorables à un espace exclusivement féminin (Flashs, 2025) | Site de l’enseigne (ex. Fitness Park « Espace Femme ») — à vérifier club par club |
| Visibilité et présence du personnel | Un personnel visible facilite un signalement immédiat | Observation lors d’une séance d’essai |
| Vestiaires et douches | 16 % des répondantes rapportent une insécurité à ce niveau (Le Progrès, oct. 2025) | Visite des lieux avant l’inscription |
| Connaître le 17 et le 3919 avant d’en avoir besoin | Le 17 pour l’urgence, le 3919 pour l’écoute — ne pas confondre les deux | À mémoriser, pas à chercher dans l’urgence |

Ce que cet article ne permet pas d’affirmer
- Aucune source consultée ne confirme explicitement que le périmètre légal de l’outrage sexiste nomme les salles de sport: leur inclusion dans les « lieux privés » reste une extrapolation prudente, pas une citation littérale de la loi.
- Aucune procédure de signalement interne propre à une enseigne de salle de sport n’a été retrouvée ni vérifiée.
- Au-delà du financement du sondage Flashs, aucun dispositif concret propre à L’Orange Bleue n’a pu être vérifié — il ne lui est donc attribué aucun dispositif de ce type.
- Le dispositif « Espace Femme » de Fitness Park n’est pas confirmé comme présent dans tous les clubs de l’enseigne.
- Aucune initiative locale vérifiable propre aux Alpes-Maritimes n’a été trouvée: cet article reste volontairement national sur ce point.
- Les chiffres sur les atteintes intrusives et à l’intégrité physique proviennent du résumé publié par Le Progrès, et non d’une relecture complète et indépendante de l’article original.
Sources complémentaires
- Cslp06 — https://cslp06.org/wp-content/uploads/2026/09/femmes-etirement-groupe-salle-sport-1024×683.jpg
- Cslp06 — https://cslp06.org/wp-content/uploads/2026/09/femmes-etirement-groupe-salle-sport-300×200.jpg
- Cslp06 — https://cslp06.org/wp-content/uploads/2026/09/femmes-etirement-groupe-salle-sport-768×512.jpg
- Cslp06 — https://cslp06.org/wp-content/uploads/2026/09/femmes-etirement-groupe-salle-sport-1536×1024.jpg
- Cslp06 — https://cslp06.org/wp-content/uploads/2026/09/femmes-etirement-groupe-salle-sport.jpg
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Lucie Pichon


